New passion

 
 
Depuis quelque temps, je suis animée d’une nouvelle passion. L’art de la céramique, le plaisir de la terre. Une passion qui dormait depuis très longtemps puisque je l’avais dans la tête et dans le cœur depuis de nombreuses années. Laissez-moi vous raconter comment elle est née.

Je ne sais pas si c’est la grossesse qui m’a fait prendre enfin mon courage à deux mains pour me lancer, quoi qu’il en soit au mois de septembre je me suis enfin décidée à contacter une potière près de chez moi. Avant tout, mon souhait était d’apprendre à tourner la terre. Nous avons donc fixé un stage d’un week-end pour cette initiation. 
 
Moi qui en cuisine n’aime pas bien avoir les mains dans la pâte, j’avais un peu d’appréhension. Allais-je finalement aimer ça ? Les mains au contact de la terre… ?
J’ai juste ADORÉ. En effet, la terre ce n’est pas de la pâte. C’est totalement différent. C’est humide, ça ne colle pas au doigts, ça glisse… 
 
J’ai donc commencé mon initiation au tour. Mon premier jour a été centré sur l’apprentissage du montage des pièces. Première pièce toute raplapla, deuxième pièce un peu mieux montée, et ainsi de suite… J’ai finalement réalisée 3 pièces et un couvercle. La première phase de tournage se fait exclusivement avec les mains. Les outils n’interviennent que très peu et surtout en fin de travail.
 
Le deuxième jour, deuxième phase de travail : le tournassage des pièces montées la veille. La terre est un peu plus sèche, ce qui permet de façonner, de sculpter le cul de la pièce. Pour cette partie là du travail, pas de choix que d’utiliser les outils. C’est un travail de façonnage qui est des plus agréables. Je prends mon temps, je regarde si cela me plaît, je façonne, je sculpte, je décore mon pot, je lui donne la forme désirée.
 
Première phase d’initiation terminée, je décide de ne pas m’arrêter là. Je prend rendez-vous pour émailler mes pièces et les faire cuire. & surtout, je désire continuer le tournage.
 
Après une première cuisson des pièces, que l’on appelle le biscuit, je reviens émailler mes pièces. C’est ce qui va leur donner tout leur cachet, qui va faire d’elles des pièces totalement uniques.
L’expérience de l’émaillage est très particulière. On travaille effectivement avec des couleurs, mais elles n’apparaîtront QUE lors de la prochaine cuisson. Il est donc difficile de se projeter sur les couleurs d’une pièce sans les voir vraiment.
 
Pour finir j’ai assisté à la cuisson RAKU de mes pièces. Pour vous expliquer le terme, la cuisson RAKU est un procédé japonais qui laisse à l’émail le bonheur du hasard. C’est une cuisson à 1000°C dite basse température qui monte rapidement (environ 1/2 heure).
La pièce d’argile devient incandescente et luisante : l’émail est en fusion ! Le céramiste, harnaché de masque, casque et moufles de protection en cuir sort les pièces avec de longues pinces métalliques. Il a alors devant lui quarante à soixante secondes pour agir sur cet émail encore liquide. Cette opération, où chaque seconde compte, va déterminer les couleurs et l’aspect final de la pièce.
Les pièces sont alors plongées dans des marmites en fonte contenant de la sciure et sous l’effet des oxydes de cuivre, de fer ou d’argent elles vont s’iriser de rouge, de bleu, ou de reflets métalliques inimitables ; l’intense saturation en carbone, dégagée par la sciure qui s’est embrasée va pénétrer dans les craquelures de l’émail blanc et dessiner de subtils réseaux d’un noir profond. Enfin, pour stabiliser les effets, la pièce, encore brûlante est plongée dans l’eau : le choc thermique est énorme.
 
Une première expérience qui m’a permis de prendre conscience à quel point j’aimais ça. J’y ai pensé jour et nuit, je pensais à mes prochaines pièces, aux décorations que je pourrais faire, j’avais des tonnes de questions à poser, des milliers de choses à explorer.
Aujourd’hui je continue à m’exercer, pour me perfectionner sur le tour. Claire m’apprend à être autonome à l’atelier afin que je puisse voler un peu de mes propres ailes, savoir comment préparer ma terre, être à l’aise avec les outils, avec le tour.
Je remercie donc Claire, la potière qui m’accompagne dans cette aventure, pour son temps, sa pédagogie, son écoute, pour tous ses conseils, son savoir-faire, son expérience. C’est une personne très à l’écoute qui sait accompagner véritablement dans un projet. Grâce à elle j’ai pu passer le cap de l’activité fantasmée, j’ai pu me lancer sans craintes et me découvrir une vraie passion.

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