Le mal du pays

Il y a quelques jours, m’a maman me disait que quand on allait à Villard de Lans en famille, quand j’étais petite fille, je lui disait toujours : « quand je serais grande je vivrai à la montagne ».

Que neni. Longtemps j’ai rêvé de la ville, de quitter le petit village où j’ai grandi, en périphérie de Montpellier, et de m’installer en ville. Je voulais de l’ambiance, m’enfermer dans une cage à lapin, avec des voisins partout, des voitures, des bus, le tramway. La facilité et la proximité aidant, je me suis installée en ville. Papa et maman ne sont pas loin, j’ai toute ma famille dans les environs. Ça rassure…
Il y a 3 ans, MonsieurPapa descendait de la capitale pour vivre le grand amour (avec moi-même, ça va de soi 😉 ). La nouveauté, le soleil, la mer, toussa toussa ont fait que la région lui plaisait plutôt pas mal. 
Mais voilà, depuis que nous vivons ensemble, nous avons dû mettre les pieds 4 fois à la mer, et encore, ce devait être parce-que les copains parisiens étaient descendus chez nous pour les vacances. 
Aussi, il faut voir la tronche de nos plages, surtout l’été. Les touristes s’installent, les plages deviennent de vraies poubelles. Si vous décidez d’y aller en plein après-midi, vous ne pourrez pas poser votre serviette à moins de 2cm de celle de quelqu’un d’autre. En revanche, si vous préférez y aller en fin de journée, vers 18 ou 19h, là, c’est sur une plage de plastiques, de barquettes de frites, de serviettes en papiers, de mégots, jouets de plage oubliés ou abandonnés (& j’en passe) que vous poserez vos fesses.
Alors la plage, oublions. Du moins, nous avons vite oublié.
Vient alors la deuxième partie de notre région : la garrigue. Autant vous dire que nous n’en sommes pas fous. Certes nous avons de très jolis coins, dans l’arrière pays, de jolis petits villages retirés et même des coins très sympas au bord de la rivière. Mais plus ça va, et plus ces jolis coins sont connus des touristes. Il faut s’y faire, nous vivons dans une région prisée par notre ami vacancier. 
Donc, la garrigue, parlons-en un peu. C’est sec. De loin, tu as l’impression de voir se dresser de jolies petites forêts ? De jolis bois ? Ce n’est qu’un trompe l’œil naturel. C’est la nature qui se joue de toi ! Ce ne sont que des arbustes, des petits arbres qui ne font pas plus de 2 mètres et qui piquent. Va faire une rando en garrigue, mais ne prévoit pas de pique-nique, à moins que tu aimes manger debout. & cette chaleur insoutenable qui te feras vider ta gourde au bout de 500 mètres. Bon, vous l’aurez compris, très peu pour moi !
Nous vivons dans une jolie région, c’est sûr, il ne faut pas cracher dessus. Mais sommes-nous vraiment à notre place ici, nous qui n’apprécions ni la mer ni la garrigue ? Après avoir fait les comptes, nous nous sommes rendus à l’évidence. Notre vie est ailleurs.
MonsieurPapa, ça fait bien longtemps qu’il le sait. Bien longtemps qu’il rêve de grands espaces, de montagnes, de forêts, de chemins qui sentent la bouse de vache, de rochers en tous genres à escalader… En ce qui me concerne il m’aura fallu un peu plus de temps pour me rendre compte que finalement, j’ai vraiment envie de vivre ailleurs, que je me sens enfin prête à quitter mon papa et ma maman (vous l’entendez, ma voix mièvre et tremblante ?), la région dans laquelle j’ai grandie, que j’aspire à la tranquillité, que je veux quitter ma 2×2 voies, que je veux vivre plus sereinement, loin de ce tintamarre, loin des grosses populations.
Il m’aura fallu bien longtemps pour me rendre compte que finalement ici, j’ai le mal du pays

4 Replies to “Le mal du pays”

  1. ET quelle belle ville Montpellier pourtant! Mais comme toi, le bruit, la foule, depuis que j'ai Louise, ça m'a moins plu. Et depuis un an, dans une maison, à la campagne (près de la ville quand même), j'ai des journées bien plus zen: plus besoin de tout trimballer pour prendre l'air 10 minutes avec Louise, pas de galère pour se garer quand on rentre tard et qu'elle dort… Bref, une autre vie. Même si parfois je me souviens avoir adoré exister dans le mouvement de ma (petite) ville. Je ne sais pas si vous projetez de partir loin de votre région? Parce que si la garrigue pique et si les plages sont bondées, le climat, lui, n'est pas le même partout! Donc en attendant, profite!

  2. Hé bien pour tout te dire, nous pensons partir en Isère, près de Grenoble (pour le travail c'est quand même mieux de ne pas être trop loin de la ville). Nous, c'est la montagne qui nous botte surtout.
    Après, tout ça, ça se prépare et on ne partira pas tant que MonsieurPapa n'a pas de travail là haut. On se laisse 1 an pour préparer notre départ. Louise est encore petite et ne va pas à l'école ce qui est déjà un problème de moins. J'espère juste qu'on y arrivera.

  3. Chouette projet, il n'y a pas de raison qu'il ne se concrétise pas! La montagne, ça vous gagne!

  4. Ha villars de lans!!! j'y suis allée pendant des années en vacances et j'en garde un merveilleux souvenir.

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